Du bleu au blé

Bilan après 3 mois et demi de stage en boulangerie : entre apprentissage, fatigue et remise en question

Après trois mois et demi de stage en boulangerie, il me semblait important de prendre un moment pour faire le point. Sur le rythme, sur ce que j’ai appris, sur les responsabilités que j’ai progressivement prises, mais aussi sur les doutes et les questions que soulève une reconversion professionnelle.

Un rythme intense, difficile mais formateur

Le rythme est toujours soutenu. Jongler entre un travail à temps plein et un stage en boulangerie n’est pas simple, et la fatigue s’accumule rapidement. À tel point que j’ai demandé à ne plus travailler les samedis matin en cette fin d’année, afin de pouvoir bénéficier d’un vrai week-end pour récupérer.

Cette petite pause me fait beaucoup de bien. Avoir deux jours de repos complets dans la semaine m’évite les longues siestes du samedi qui, au final, me faisaient perdre toute la journée. C’est un ajustement nécessaire pour tenir sur la durée.

Gagner en autonomie sur la pâte levée feuilletée

Depuis le début du stage, je suis resté sur la même organisation. Le mardi est consacré à la pâte levée feuilletée. Je suis désormais autonome sur le feuilletage, ce qui représente une étape importante pour moi.

Je constate toutefois encore certaines irrégularités dans les couches, et j’ai parfois du mal à les corriger. Ce sont des détails techniques qui demandent de l’expérience, de l’observation et beaucoup de répétitions. J’en suis conscient et je sais que c’est un axe de progression sur lequel je dois continuer à travailler. Je te montre une photo de ma pâte feuilletée avec des petites irrégularités, si tu as des conseils pour les corriger n’hésite pas à m’écrire.

Premières responsabilités au fournil

Le vendredi, je m’occupe de la partie boulangerie avec P.F. Je façonne l’ensemble des pains spéciaux avant de les enfourner. Pour être le plus rigoureux possible, j’ai pris des notes sur toutes les recettes, les temps de repos et les fermentations.

Il m’est même arrivé de remplacer le chef boulanger à deux reprises lorsqu’il avait des empêchements. La veille, il me préparait un planning précis de ce qu’il fallait réaliser. C’est toute une organisation : planifier les façonnages, les cuissons, lancer les pétrissages des pains faits en direct, puis ceux des pains spéciaux pour le lendemain, gérer le débacage et préparer la tradition afin que les baguettes soient prêtes à l’ouverture.

La réalité du métier : décider et s’adapter

Il y a énormément de choses à anticiper, mais c’est une gymnastique à la fois physique et intellectuelle extrêmement formatrice. Lorsqu’on se retrouve seul dans le fournil face à la pâte, on est confronté à des problématiques que l’on ne perçoit pas lorsqu’on est simple observateur ou commis.

Il faut prendre des décisions en permanence : comment organiser les fournées pour que tout rentre dans le four au bon moment, quand sortir les pains pour enfourner ceux qui ont terminé leur fermentation, comment s’adapter aux imprévus. C’est complexe, parfois stressant, mais c’est aussi comme cela que l’on progresse réellement.

CAP, avenir et zones d’ombre

Mon stage a été prolongé jusqu’au début du mois de janvier, sans que je sache encore ce qui sera décidé par la suite. Pour l’instant, l’avenir reste assez flou.

Concernant le CAP, je reconnais ne pas m’être encore suffisamment entraîné sur les recettes de l’épreuve pratique. Je compte m’y mettre sérieusement début 2026, avec un objectif clair : réaliser une recette par semaine et m’entraîner via des épreuves blanches.

J’ai également commencé à réfléchir à l’après-examen. Que faire en cas de réussite ? Et en cas d’échec ? Passer le diplôme est une étape importante, mais il faut aussi anticiper la suite.

Si je devais échouer en candidat libre, je m’orienterais probablement vers un CFA afin de repasser le CAP avec une formation en présentiel. En cas de réussite (croisons les doigts), j’aimerais poursuivre avec une mention complémentaire pour devenir tourier, et me spécialiser dans les viennoiseries.

D’autres formations sont envisageables, notamment en pâtisserie ou en boulangerie, mais la question de l’âge se pose inévitablement. Au-delà de 35 ans — limite d’âge des contrats d’apprentissage sauf exceptions — les possibilités se réduisent. Il existe des formations en formation continue, mais leur coût est élevé (entre 6 000 et 15 000 euros), sans rémunération pendant les stages, contrairement à l’apprentissage ou au contrat de professionnalisation.

Entre motivation et doutes

Sur le plan administratif, je n’ai toujours pas eu de retour concernant ma demande de disponibilité. Le service concerné m’a simplement demandé de rappeler fin janvier.

Mentalement, je tiens le coup. Je suis enthousiaste à l’idée de tenter cette nouvelle aventure, même si, parfois, le doute s’installe. Quitter une situation stable, avec un salaire confortable, pour un avenir plus incertain n’est pas une décision anodine.

Les hauts et les bas font partie du processus. Si changer de vie était si simple, tout le monde le ferait. J’essaie d’anticiper sans chercher à tout contrôler, car imaginer trop de scénarios peut vite devenir source de stress. Malgré tout, j’ai confiance en moi et en ma capacité d’adaptation. Je sais que je finirai par trouver une solution.

Je referai un point sur ma situation au cours du premier trimestre 2026, en espérant avoir alors des réponses plus claires.

Et toi, où en es-tu dans ta reconversion professionnelle ?

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